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L’homophobie et la transphobie intériorisées éroderaient les bienfaits de la religiosité ou de la spiritualité sur la santé mentale chez les personnes LGBTQIA+

La pleine conscience pourrait constituer une voie spirituelle alternative pour les personnes LGBTQIA+ se détournant d’une religion non inclusive
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 13 April 2026

Une étude de l’Université º£½ÇÉçÇø atteste que les doctrines religieuses non inclusives peuvent entraîner de l’homophobie ou de la transphobie intériorisée chez les personnes LGBTQIA+ croyantes et éroder ainsi les bienfaits de la religiosité et de la spiritualité pour la santé mentale.

« Il y avait beaucoup de variation dans les résultats, mais toutes les études faisaient état de graves problèmes de santé mentale liés à une homophobie/biphobie/transphobie intériorisée découlant d’une doctrine religieuse non inclusive; dans certains cas, on parle même d’usage de substances psychoactives et de suicide », souligne Kevin Prada, doctorant en psychologie du counseling et auteur principal de l’article.

Dans cette synthèse sont réunis les constats de 55 études quantitatives sur le sujet menées chez plus de 500 000 personnes, partout dans le monde.

« Lorsque les personnes LGBTQIA+ reçoivent des messages religieux qui ne les valident pas dans ce qu’elles sont, elles peuvent céder à la haine de soi dans le but de se faire accepter et aimer par une puissance divine et de trouver leur place au sein du groupe », explique le doctorant.

Santé mentale et foi font-elles vraiment bon ménage?

Kevin Prada fait observer qu’en général, la religiosité et la spiritualité sont associées favorablement à la santé mentale dans la littérature; chez les personnes LGBTQIA+, toutefois, ce n’est pas forcément le cas.

La spiritualité peut être définie comme le lien intérieur unissant une personne à une puissance supérieure, à quelque chose de plus grand qu’elle. Quant à la religiosité, elle désigne généralement l’observance de pratiques ou de comportements liés à la foi, tels que la fréquentation d’une église ou la participation à des rituels.

« Si l’on envisage la spiritualité et la religiosité comme un lien qui nous unit à un principe supérieur, on comprend fort bien qu’elles peuvent donner du sens et une orientation claire à notre vie et nous apporter un sentiment très fort d’appartenance à un groupe, autant de facteurs qui sont extrêmement bénéfiques pour la santé mentale », explique le doctorant.

« Ce n’est pas pour rien que certaines personnes queers continuent sciemment d’adhérer à des religions qui, pourtant, ne sont pas inclusives, ajoute-t-il. On voit aussi, partout dans le monde, de nombreuses personnes LGBTQIA+ qui décident de délaisser les cadres religieux non inclusifs, ou encore de les transformer, plus précisément de les "queeriser", pour mieux les adapter à leur identité. »

La pleine conscience à la rescousse

L’équipe de recherche souligne que chez les personnes LGBTQIA+ s’étant détournées d’une religion non inclusive, la pleine conscience peut venir combler le vide et offrir les effets protecteurs de la spiritualité.

C’est pourquoi Kevin Prada aimerait mettre au point une intervention de pleine conscience dans le cadre de ses travaux de recherche; il fait d’ailleurs partie du de l’Université º£½ÇÉçÇø, dirigé par l’un des coauteurs de l’article, le .

Le doctorant ajoute qu’une analyse complémentaire portant sur des études qualitatives est en voie d’élaboration; cette dernière viendra mieux éclairer les constats de la présente analyse et comprendra un échantillon plus grand de personnes, notamment bispirituelles, qui n’étaient pas suffisamment représentées dans les études quantitatives.

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L’article « », par Kevin Prada, Naomie Lemyre et Bassam Khoury, a été publié dans le Journal of Homosexuality.

Cette étude a été financée par la Fondation Baxter-&-Alma-Ricard et par le Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés (RQSHA).

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