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Lauréats 2021

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Professor Jonathan AfilaloJonathan Afilalo

Transformer en profondeur la façon dont les cardiologues abordent les patientes et patients âgés

« Il est bien plus important de savoir quel type de patient est atteint d’une maladie que de savoir quel type de maladie atteint un patient », explique le Dr William Osler.

Au Canada comme ailleurs dans le monde, les personnes de plus de quatre-vingts ans sont touchées de manière disproportionnée par les maladies cardiovasculaires, alors même que les données probantes demeurent limitées pour orienter la prise en charge de ces patientes et patients exigeants et souvent complexes.

Les recherches et l’approche clinique du Dr Jonathan Afilalo ont profondément transformé la manière dont les cardiologues traitent les patientes et patients gériatriques. Parmi les premiers cardiologues à reconnaître l’importance de la fragilité, un syndrome multifactoriel de diminution de la résilience, Afilalo souligne tout au long de sa carrière que la fragilité constitue un déterminant majeur des problèmes cardiovasculaires et qu’elle doit être étudiée avec rigueur. Avant ses travaux, la fragilité relevait surtout du domaine des praticiennes et praticiens en gériatrie.

Développer des outils numériques pour faciliter les évaluations cliniques

Jonathan Afilalo est professeur agrégé au Département de médecine, Division de cardiologie, de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Il est membre associé au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail, ainsi qu’au Département de médecine expérimentale.

Afilalo a joué un rôle moteur dans l’essor d’un champ entier de la cardiologie structuré autour de ce concept, ce qui a mené à l’amélioration des outils permettant de mesurer ce qui est désormais reconnu comme un facteur de risque fondamental en médecine et en chirurgie cardiovasculaires.

Il a dirigé l’étude FRAILTY-AVR, qui a porté sur des patientes et patients âgés dans 14 centres répartis dans trois pays et a donné lieu à la création de l’« Essential Frailty Toolset ». Cet ensemble d’outils permet de quantifier la fragilité plus efficacement et de prédire des résultats centrés sur la personne soignée. Il a obtenu une subvention de transfert des connaissances du Canadian Frailty Network afin de transformer cet outil en une application mobile appelée « Frailty Tool », aujourd’hui l’une des applications les plus téléchargées dans ce domaine.

Afilalo a également conçu une application web en libre accès appelée « CoreSlicer.com », qui a permis de mesurer facilement la masse musculaire et de diagnostiquer la sarcopénie, un trouble caractérisé par une perte de masse et de force musculaires squelettiques, fréquent chez les personnes âgées, à partir d’images cliniques de tomodensitométrie. Il dirige actuellement l’essai PERFORM-TAVR, qui vise à inverser la sarcopénie et la fragilité afin d’optimiser la récupération fonctionnelle après des interventions cardiaques.

Un pionnier du champ émergent de la cardiologie gériatrique

Afilalo a reçu de nombreux prix et subventions de recherche à l’appui de ses travaux et a publié plus de 130 articles évalués par des pairs. Il a également été invité comme professeur invité au Johns Hopkins Hospital en 2020 et comme conférencier principal lors de conférences au Danemark, en Allemagne et en Espagne.

Il siège au Leadership Council de la section de cardiologie gériatrique de l’American College of Cardiology, la plus grande organisation professionnelle au monde consacrée à l’amélioration des soins aux patientes et patients gériatriques atteints de maladies cardiovasculaires.

Former la prochaine génération de cardiologues

Afin de sensibiliser la communautĂ© cardiovasculaire au sens large Ă  ses travaux et Ă  son approche clinique, Afilalo a fondĂ© et dirige le tout premier programme canadien de fellowship en cardiologie gĂ©riatrique Ă  şŁ˝ÇÉçÇř, qui forme la prochaine gĂ©nĂ©ration de rĂ©sidents et de fellows Ă  offrir des soins centrĂ©s sur la personne aux patientes et patients âgĂ©s atteints de maladies cardiovasculaires.

Les avancées réalisées dans le domaine de la cardiologie grâce aux recherches d’Afilalo offrent un potentiel important pour aider les patientes et patients, leurs familles et les systèmes de santé à s’adapter à l’évolution démographique et aux caractéristiques cliniques changeantes des personnes touchées par diverses maladies cardiovasculaires.


Professor Agus P. SasmitoAgus P. Sasmito

Vers une industrie minière plus durable et plus responsable

« Je suis honorĂ© et ravi de recevoir un prix aussi prestigieux, qui me motive Ă  contribuer davantage Ă  l’UniversitĂ©, au savoir et Ă  la sociĂ©tĂ© », a dĂ©clarĂ© le professeur Agus P. Sasmito. « Ce prix est particulier, puisqu’il s’inscrit Ă  la fois dans le 200e anniversaire de şŁ˝ÇÉçÇř et dans le 150e anniversaire de notre DĂ©partement de gĂ©nie minier, le plus ancien et l’un des mieux classĂ©s en AmĂ©rique du Nord. Je tiens Ă  remercier ma famille, mes mentors, mes collaboratrices et collaborateurs, ainsi que mes Ă©tudiantes et Ă©tudiants, qui me soutiennent continuellement, et Ă  qui une partie du mĂ©rite revient. »

Agus P. Sasmito est professeur agrĂ©gĂ© titulaire au DĂ©partement de gĂ©nie des mines et des matĂ©riaux de la FacultĂ© de gĂ©nie de l’UniversitĂ© şŁ˝ÇÉçÇř. Il a fondĂ© le Mine Multiphysics Laboratory et en est le chercheur principal.

Les gisements à haute teneur, soit une concentration naturelle d’un ou de plusieurs minéraux au sein d’une roche hôte, sont exploités à la surface de la Terre depuis la Préhistoire et sont aujourd’hui en voie d’épuisement. Cette situation a incité l’industrie minière à creuser plus profondément, ou à exploiter des sites éloignés, tels que l’Arctique, les fonds marins, voire l’espace. L’exploitation dans de tels environnements pose des défis, notamment une forte consommation d’énergie et des émissions de carbone.

Les domaines d’intérêt de Sasmito comprennent la ventilation des mines, le chauffage et le refroidissement, la congélation artificielle des sols, le transport de boues et de pâtes, ainsi que l’irradiation au micro-ondes pour le préconditionnement des roches, c’est-à-dire le processus visant à réduire la résistance d’une roche. Ses recherches renforcent les connaissances minières traditionnelles par des systèmes multiphysiques avancés, à l’interface des sciences et du génie, afin de développer des technologies de pointe pour une exploitation durable des mines, des minéraux et des ressources énergétiques.

« L’objectif ultime de mes recherches est de décarboner complètement l’industrie minière par la mise en œuvre de solutions hybrides d’énergie renouvelable pour l’électricité des mines, la traction (flottes minières) et les besoins thermiques (chauffage et refroidissement) », a déclaré Sasmito.

Ces efforts pourraient transformer de manière significative une industrie minière canadienne dominée par les combustibles fossiles en une industrie minière verte et, possiblement, faire du Canada un chef de file mondial en ingénierie durable.

Un potentiel d’économies importantes en coûts, en énergie et en émissions de carbone

Le développement, par Sasmito, de solutions de stockage d’énergie thermique dans la roche s’est révélé particulièrement important pour réduire la consommation d’énergie et lutter contre les changements climatiques, allant du chauffage renouvelable dans les mines de l’Arctique à la congélation par pulvérisation avec stockage du froid pour le chauffage et le refroidissement renouvelables de l’air dans des mines ultra-profondes.

« Je collabore avec des collègues pour comprendre l’impact des changements climatiques sur les mines de l’Arctique et développer des technologies durables d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques », explique Sasmito.

Son groupe de recherche met au point des technologies de stockage d’énergie renouvelable sous forme de froid et des infrastructures critiques afin de protéger le pergélisol contre le dégel causé par les changements climatiques dans les mines nordiques. En plus de ces travaux, Sasmito participe à un groupe plus vaste qui développe actuellement la prochaine génération de machines minières pour l’extraction continue des roches dures, c’est-à-dire des minéraux « durs » contenant des métaux, comme des minerais renfermant de l’or, de l’argent, du fer, du cuivre, du zinc, du nickel, de l’étain et du plomb.

« Il existe un vieux dicton selon lequel tout ce qui ne se cultive pas se mine. Toutefois, certaines personnes voient l’exploitation minière comme le “mouton noir” de nos industries. Ă€ şŁ˝ÇÉçÇř Mining, nous travaillons avec l’industrie et l’aidons Ă  se transformer pour devenir plus durable et plus responsable », a dĂ©clarĂ© Sasmito. « Nous aidons aussi l’industrie Ă  relever les dĂ©fis et Ă  dĂ©velopper de nouvelles technologies afin qu’elle demeure compĂ©titive. J’espère qu’avec mon expertise en systèmes multiphysiques avancĂ©s appliquĂ©s Ă  l’extraction durable des minĂ©raux et de l’énergie, je pourrai aider les opĂ©rations minières Ă  devenir plus durables. Cela s’inscrit pleinement dans la vision gouvernementale d’atteindre la carboneutralitĂ© d’ici 2050. »

Un leader hautement productif en recherche minière

Sasmito maintient de façon constante un niveau de recherche élevé, à la fois en qualité et en impact. Il a publié 130 articles dans des revues scientifiques, dont 92 au cours des six dernières années. Il a également publié 51 communications dans des actes de conférences, pour un total de 92 articles, quatre chapitres d’ouvrages et un livre dirigé. L’ensemble de ces articles, du livre et des chapitres a généré plus de 3 000 citations au cours des six dernières années.

En reconnaissance de ses contributions et de son leadership en recherche minière, l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole lui a décerné, en 2019, le CIM-Bedford Canadian Young Mining Leaders Award, soulignant des réalisations exceptionnelles et le potentiel de jeunes leaders canadiens du secteur minier.

En plus de ses recherches et de ses activités professionnelles, le professeur Sasmito a formé plus de 30 étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et 20 étudiantes et étudiants de premier cycle en recherche, ainsi que quatre stagiaires postdoctoraux.


Professor Anna WeinbergAnna Weinberg

Éclairer les origines développementales de la dépression et de l’anxiété

« C’est un immense honneur de recevoir ce prix. »

Anna Weinberg est neuroscientifique clinicienne et professeure adjointe au DĂ©partement de psychologie de la FacultĂ© des sciences de l’UniversitĂ© şŁ˝ÇÉçÇř. Elle est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau 2 en neurosciences cliniques, financĂ©e par les Instituts de recherche en santĂ© du Canada (IRSC). Elle dirige le laboratoire Translational Research in Affect and Cognition (TRAC) Ă  şŁ˝ÇÉçÇř.

L’anxiété et la dépression sont deux affections complexes, tant par leurs symptômes que par leurs traitements. Les recherches de la professeure Anna Weinberg sont tout aussi complexes : elles mobilisent des méthodes en laboratoire, de multiples mesures physiologiques, des techniques avancées de neuroimagerie et une approche développementale couvrant l’ensemble de la vie. Ses travaux mettent en lumière les effets de la vulnérabilité familiale et du stress de vie sur le fonctionnement neuronal, de la petite enfance à l’âge adulte, afin de prédire les troubles mentaux. Elle explore également la manière dont ces vulnérabilités interagissent avec l’environnement pour influencer l’apparition de troubles mentaux.

« J’étudie la façon dont le cerveau traite les récompenses et les menaces tout au long de la vie, de la petite enfance à l’âge adulte, et les expériences qui imposent des adaptations aux systèmes neuronaux responsables de ce traitement », explique Weinberg.

Ses recherches se concentrent sur trois grands axes : repérer des anomalies neuronales permettant de prédire qui est à risque d’anxiété et de dépression ; comprendre comment le stress et les traumatismes peuvent contribuer à ces déficits neuronaux ; et identifier les processus environnementaux et interpersonnels qui interagissent avec ces anomalies neuronales afin d’accélérer la transition vers la maladie.

Weinberg examine également les effets combinés de la dépression maternelle, du stress gestationnel et des comportements parentaux sur le fonctionnement neuronal. Pour cette recherche, elle travaille avec des nourrissons et leurs mères. Cette population permet de préciser des contributions biologiques et environnementales propres et interactives aux origines de l’anxiété et de la dépression au cours du développement infantile.

Ses travaux ont enrichi la compréhension scientifique des racines de la dépression et de l’anxiété et ont ouvert la voie à de futures applications susceptibles de réduire la prévalence de ces troubles de santé mentale coûteux.

Une figure de proue en psychophysiologie

Weinberg a publié 71 articles évalués par des pairs et six chapitres d’ouvrages, et ses travaux ont été cités plus de 5 000 fois. Ses publications paraissent fréquemment dans des revues de premier plan en psychopathologie et en neurosciences.

La professeure Weinberg a reçu plusieurs distinctions au fil de sa carrière, notamment une reconnaissance comme l’une des « étoiles montantes » en psychologie par l’Association for Psychological Science en 2016. Plus récemment, elle a reçu l’Early Career Award de la Society of Psychophysiological Research en 2020.

Étudier les effets du stress lié à la COVID-19 chez les nourrissons et les jeunes adolescentes et adolescents

Weinberg étudie quels types d’expériences de vie forcent des adaptations dans les systèmes neuronaux qui traitent les récompenses et les menaces. L’un de ces facteurs est le stress. Une grande partie de ses recherches au cours des prochaines années portera sur les effets du stress lié à la COVID-19 sur le cerveau, en se concentrant particulièrement sur l’exposition au stress durant deux périodes clés de plasticité neuronale : la petite enfance et le début de l’adolescence.

« Nous espérons comprendre quand et comment le stress associé à la pandémie a pu affecter le développement du cerveau, ainsi que quand et comment ces adaptations neuronales mènent à la psychopathologie », explique-t-elle. « Nous espérons aussi y parvenir en sortant les neurosciences du laboratoire pour les amener dans le monde réel, grâce à l’utilisation d’équipements d’électroencéphalographie mobiles. »


*Les profils présentés sur cette page ont été rédigés en 2021.

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